Réussir ne signifie pas forcément avoir raison
Je crois même qu’une personne qui n’a réussi qu’une seule fois ne sait pas toujours exactement pourquoi elle a réussi
Quelqu’un lance un business
Il explose
Bravo : )
Mais ensuite, il peut commencer à raconter beaucoup de conneries…
Pas parce qu’il est malhonnête.
Simplement parce qu’il transforme son expérience personnelle en vérité universelle ^^
« J’ai réussi comme ça, donc c’est comme ça qu’il faut faire. »
Et c’est là que ça devient dangereux.
Quelqu’un qui a réussi sans faire d’études pourra vous expliquer que les études ne servent à rien.
Quelqu’un qui a grandi dans un environnement très difficile pourra vous dire :
« Moi, ça m’a rendu plus fort »
Peut-être…
Mais un parcours individuel n’est pas une démonstration statistique.
Le même problème existe dans l’entrepreneuriat.
Un entrepreneur écoute quelqu’un qui a construit une boîte à succès et prend ses conseils pour argent comptant
Même lorsque celui qui donne le conseil prend mille précautions :
– « Ça dépend du contexte »
– « Ce qui a marché pour moi ne marchera pas forcément pour toi »
– « Il faut adapter »
Le cerveau retient souvent autre chose :
– Il a réussi
-Il a fait ça
-Donc je dois faire ça
En E-commerce, c’est le petit marchand qui essaie d’appliquer les recettes d’Amazon à une entreprise qui n’a ni ses moyens, ni son volume, ni ses contraintes…
Dans les startups, c’est l’entrepreneur qui reçoit un conseil d’un investisseur ou d’un entrepreneur reconnu… puis applique exactement le même conseil trois ans plus tard dans un business totalement différent.
(c’est pour ça qu’on a lancé Oseox seulement en $ au lieu des €, la lose :D)
Et ce biais est partout.
Vous lisez Marx : tout devient une grille de lecture marxiste (l’horreur)
Puis vous lisez Nietzsche : soudain, vous regardez le monde autrement
Puis un autre auteur
Puis une autre méthode…
J’ai fait exactement la même chose avec la gestion de projet.
Pendant longtemps, j’ai adoré le sujet.
– J’ai lu les livres
– Étudié les méthodes
– Testé des outils
– Payé des formations
Aujourd’hui ?
Je n’applique quasiment aucune méthode dans son intégralité.
J’ai fini par construire la mienne.
Et surtout, je la modifie légèrement à chaque projet \o/
Parce qu’une méthode n’est pas une religion.
C’est un outil.
Et un outil doit s’adapter au problème, pas l’inverse.
C’est probablement pour ça que l’esprit critique est l’une des compétences les plus importantes que l’école puisse transmettre.
Apprendre à écouter quelqu’un qui a réussi
sans le prendre pour un prophète.
Apprendre à respecter une expérience…
sans en faire une vérité universelle.
Et oui :
on a parfaitement le droit de critiquer la méthode de quelqu’un qui a réussi.
Le succès valide un résultat.
Pas nécessairement l’explication qu’on en donne.
Et puis, il y a les OVNIs 😀
J’ai un ancien client qui m’a raconté son parcours un soir au resto
Je savais déjà qu’il avait un cerveau assez hors norme.
Mais là…
Il m’explique qu’il a réussi non pas une fois.
Ni deux.
Mais trois fois de suite.
Trois entreprises de plusieurs dizaines de millions.
En repartant quasiment de zéro à chaque fois.
À ce niveau-là, j’avoue…
Je prends des notes. 😄
Parce qu’un succès peut être une anomalie.
Deux commencent à devenir intéressants.
Trois, dans des contextes différents…
Là, il y a probablement quelque chose à comprendre.
Le vrai talent n’est peut-être pas de connaître LA bonne méthode.
C’est de savoir comprendre le contexte, remettre ses certitudes en question et adapter en permanence.
Autrement dit :
Ne copiez pas les recettes
mais
apprenez à cuisiner
(wow c’est beau un post linkedin :D)
